21 août 2019 : Un grand poissard, le chimiste Charles Gerhardt.

Le chimiste Charles Gerhardt était né le 21 août 1816. Il repose à Strasbourg.

L’aspirine, dont on connaît aujourd’hui la fortune et les heureux effets comme antinervin, fut découverte en 1853 par le chimiste français Charles Gerhardt, collaborateur de Liebig et de Chevreul, qui en réalisa la synthèse.
(René Le Gentil, Ce que le monde nous doit, inventions et découvertes françaises, Ventadour, 1957, p. 342-343)

Le portrait photographique nous montre un homme au regard triste et même un peu désemparé.


Charles GERHARDT (1816-1856), qui naquit, mourut et repose à Strasbourg, ne jouit pas de la reconnaissance posthume que son oeuvre devrait lui valoir.
Professeur de chimie à l’École de pharmacie ainsi qu’à la Faculté des sciences de l’université de sa ville, il réalisa la première synthèse de la molécule de base de l’aspirine.
Auparavant, les douleurs étaient soignées par le salicylate obtenu grâce à l’écorce de saule mais dont les effets secondaires, en particulier digestifs, étaient nombreux. En ajoutant l’acétyle, Gerhardt créa l’aspirine artificielle.
Privé de soutiens financiers, il dut abandonner ses recherches.

Ce fut seulement en 1899 que le chimiste allemand Félix Hoffmann, en voulant purifier l’acide salicylique que son père avait du mal à supporter, découvrit le fameux acide acétylsalicylique (dont le nom fait souvent résonner des souvenirs de cours du temps du lycée) et en déposa le brevet au nom du groupe Bayer qui l’employait.
En 1919, l’Allemagne céda ce brevet aux alliés au titre des dommages de guerre !


Charles Gerhardt ne vit pas tout cela : une péritonite l’avait emporté deux jours avant ses quarante ans, le 19 août 1856.
Ajoutons qu’il s’était fâché à l’adolescence avec son industriel de père et qu’il mourut en laissant sa femme et leurs trois jeunes enfants dans la misère.
Quand ça ne veut pas...

Aujourd’hui, sa tombe coiffée d’un haut obélisque est néanmoins encore bien visible au cimetière Sainte-Hélène de Strasbourg.
Et la ville lui a dédié une rue proche de l’université où, dans le Jardin botanique a été planté un saule blanc en son honneur.
Celui qui vainquit fièvres et céphalées méritait au moins ça.

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