21 juillet 2012 : Qui aime le roc fonce vers Dinant !

Escale à Dinant pour la Fête nationale belge.

Une semaine après la France, c’est la Belgique qui célèbre aujourd’hui sa Fête nationale.

Petit détour par la si jolie petite ville de Dinant, la patrie du facteur d’instruments de musique Adolphe Sax, inventeur du saxophone, partout présent dans la cité mais inhumé loin de chez lui, au cimetière parisien de Montmartre. 2014 marquera le bicentenaire de sa naissance et j’espère qu’on parlera de lui à ceux qui le méconnaissent.

Dans le cadre impressionnant de la citadelle, dominant la Meuse de son éperon rocheux, est établi un cimetière militaire français où reposent 1104 soldats tombés lors des combats d’août 1914 (mais aussi 47, morts en 1940). C’est au cours de cet affrontement que le jeune lieutenant Charles de Gaulle fut blessé, à l’entrée du pont, à l’aube d’une vie tout entière consacrée à la défense de l’Homme et de ses libertés (texte de la plaque commémorative), le 15 août 1914 (Dinant aura décidément beaucoup à célébrer en 2014...).
Au sommet, un autre texte gravé rappelle : Hommage au courage héroïque du Sergent major Bouchez du 8è R. I. français qui, à l’assaut du 15 août 1914, a conquis le drapeau allemand qui flottait sur la citadelle.

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Le cimetière des Français à Dinant

À l’entrée de la nécropole militaire (administrée par le Secrétariat d’Etat aux anciens combattants), un texte informe le visiteur que c’est au ciseau du sculpteur Alexandre Daoust qu’on doit le monument L’Assaut veillant ces pauvres morts. Derrière l’alignement des croix, il apparaît figurant un de ces soldats que rien ne semble pouvoir arrêter tant est grande la mission sacrée qui l’investit. Le mouvement que l’artiste a insufflé à son oeuvre est saisissant et contient toute l’émotion.

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L Assaut

Nul n’en a mieux parlé que le biographe de l’artiste, Jean Servais : Une des gageures de la statuaire est, depuis toujours, l’expression du mouvement. Pour animer cette immobilité, il faut l’émouvoir : c’est de l’intérieur que doit naître l’élan, par un parcours concentré des lignes, des volumes et du rythme qui rend la suggestion si impérative qu’elle s’impose comme une réalité transcendante. Ce n’est plus un soldat, c’est le soldat de France, c’est la France elle-même que l’artiste va éterniser dans le bronze, la France de la Marne et de Verdun, tendue dans un assaut furieux, lancée dans une charge follement sublime contre un ennemi qu’elle brave à découvert. (Jean Servais, Le sculpteur Alex Daoust, Editions de la Vie Wallonne, 1947).