Qui repose à Chambord ?

Au coeur du domaine de Chambord, à quelques minutes à pied du château, un petit cimetière comme la France en compte des milliers, sans monument remarquable ni personnalité de premier plan mais où il serait dommage de ne pas entrer.

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Rien de spectaculaire ici et un profond silence, contraste total avec le chef-d’oeuvre d’architecture et d’Histoire voisin et son envahissement touristique, juste un champ de repos aux tombes parfois modestes et au sol sablonneux (comme souvent dans la région) que j’eus la chance de ne voir que sous le soleil mais qui doit se révéler bien triste en hiver.

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Ce sont essentiellement des tombes de prêtres ou d’anciens régisseurs du Domaine qui ont retenu mon attention :

Eugène ARNOULT (+ 1886, à 78 ans), qui fut régisseur du Domaine. Il y accueillit le comte de Chambord en juillet 1871.

Sur la tombe de Jean-Baptiste BOURBIER (1792-1861), j’ai déchiffré :
Mr le comte de Chambord et S. A. R. Madame la duchesse de Parme ont fait élever ce monument à sa mémoire en témoignage de leur gratitude pour ses longs et fidèles services comme Inspecteur de leurs forêts de Champagne et régisseur du Domaine de Chambord pendant 40 ans.

Charles COSSON, curé de Chambord pendant 14 ans, mort le 22 décembre 1899 dans a 75è année.

Plus loin, voici la stèle du chanoine Marie Joseph GILG (1868-1960), curé de Chambord pendant trente-cinq ans, en reconnaissance pour son action héroïque lors de la Libération de Chambord, les 21-25 août 1944.

Originaire de Guebwiller (où une rue porte désormais son nom), il avait été aumônier de prisonniers allemands pendant la Première Guerre mondiale. Son courage et sa diplomatie, joints à sa connaissance de la langue, permirent de convaincre le major Ley d’épargner le château qu’il souhaitait raser et la population locale qui devait être exécutée en représailles du meurtre d’un soldat allemand.
Il reçut en 1949 la Légion d’honneur et fut nommé chanoine honoraire de la cathédrale de Blois.

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À l’église Saint-Louis est visible cette plaque commémorative :

Il témoigna de cette expérience dans Comment Chambord fut sauvé par son curé (R. Sille, 1950).

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Plusieurs réfugiés espagnols furent victimes de ces combats comme en témoigne le monument portant les noms de José CASTILLA MORENO, Asesinado por la barbaria Hitleriana el dia 21 de agosto 1944, ainsi que ceux de Michel SALES ROCA, 31 ans, et Simon DUQUE OTAL, 37 ans (Pour un noble Idéal, ils ont donné leur vie).

Henri MICHOU (1824-1901) dont la longue épitaphe nous apprend que né au Pavillon de Monfrault (pavillon de garde du château, son père étant garde forestier) et mort au château de Chambard, pendant 53 ans, il administra en qualité de garde général le domaine de Chambord qui fut son unique pensée comme la droiture fut toujours la règle de sa longue et laborieuse carrière.
L’autre face du tombeau familial révèle que son fils, également nommé Henri MICHOU (1855-1933), né au château, fut abbé et chanoine titulaire de la cathédrale de Blois. Quant à sa fille, Marie (1863-1887), elle mourut prématurément après avoir épousé un homme répondant au nom d’Adrien Pardessus.

Enfin, avant de quitter les lieux, un regard à la petite stèle blanche portant le nom de l’abbé Bernard de CURZON (1903-1992) qui fut curé de Chambord de 1960 à 1992.

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