21 septembre 2012 : Montherlant, une mort à la romaine.

40è anniversaire du suicide d’Henry de Montherlant.

Nous parlerons une autre fois du cimetière Verano de Rome et de ses trésors. En attendant, arrêtons-nous dans la ville dite éternelle, sur le Forum, près du temple de la Fortune virile où fut dispersée une partie des cendres (le reste fut confié aux eaux du Tibre) d’Henry de Montherlant par ses exécuteurs testamentaires, Jean-Claude Barat et Gabriel Matzneff.

Il y a quarante ans, le 21 septembre 1972, l’écrivain, d’une exactitude maladive (lorsqu’il donnait rendez-vous à un ami, il lui demandait d’accorder sa montre à la sienne afin de se retrouver à l’heure précise convenue), se donnait la mort en son appartement du quai Voltaire (là même où Musset avait vécu, jeune homme, avec son frère Paul), avalant une capsule de cyanure et se tirant une balle dans la tête au cas où le poison aurait été inopérant. Il était 15h59 et à 16h, il attendait la venue de Jean-Claude Barat qui entendit la détonation au moment où il sonnait à la porte.

De celui qui se présentait comme le dernier des Romains, Roger Peyrefitte tenta d’arracher le masque et révéla les turpitudes intimes (les pages sur leurs jeunes amants communs sont édifiantes). Il rapporte aussi qu’aux obsèques, un curé ariégeois qui lui écrivait depuis longtemps pour tenter de le ramener dans le giron de l’Eglise, avait fait le déplacement jusqu’au crématorium du Père-Lachaise où il se répandait en prières ! Et ajoute n’avoir jamais connu d’athée plus cuirassé que Montherlant qui n’oubliait jamais de faire gras le vendredi saint...

Derniers mots de l’auteur des Jeunes Filles, destinés à Jean-Claude Barat : Je deviens aveugle. Je me tue. C’est lui qui avait écrit : Se tuer, c’est montrer à tous de manière indiscutable qu’on ne croit pas en Dieu.