Strasbourg, cimetière Saint-Urbain.

Ouvert à l’emplacement d’un cimetière du XVIIè siècle divisé en parties catholiques et protestantes, il a subi depuis de nombreuses transformations dont le transfert du chemin de croix venu de la colline de Lingolsheim.
Sans posséder le charme du cimetière Saint-Gall, ses trois hectares sont riches de nombreuses gloires alsaciennes (Charles Appell, l’abbé Muhe, les frères Ott, Jules Rathgeber, Adèle Riton...) dont peu ont rayonné en dehors de la région. On citera toutefois Schulmeister, l’espion de Napoléon, le général Dumoulin qui se distingua à Austerlitz ou le général Picquart qui contribua à établir l’innocence du capitaine Dreyfus.
Le site, bien mis en valeur par la ville (réhabilitations récentes du monument d’Adèle Riton ainsi que du chemin de croix), souffre d’un environnement urbain visuel et sonore qui ne favorise pas le recueillement.

Une seule chapelle orne le lieu, celle de la famille d’architectes Haentzler (section 6).
Une tombe collective rappelle le sacrifice de 128 soldats français morts pendant le siège de Strasbourg en 1870. Section 14.
Dans la section 7, une chapelle datant de 1875 fait face à un Christ en croix (signé Vallastre) et est encadré d’un chemin de croix composé de sept oratoires bâtis au XVIIIè siècle à Lingolsheim et transférés en 1823.

La liste qui suit ne revendique, bien sûr, aucune exhaustivité.

Achon Joseph (1804-1855), prêtre et prédicateur (beau et rare symbole d’une bougie brisée sur le monument). Section 7.
Appell Charles (1842-1905), militaire français emprisonné près de neuf en Allemagne pour espionnage au profit de l’état-major français. Section 10.
Baumann Georges (1887-1965), écrivain de langue alsacienne. Section 4.
Bourson Paul (1876-1949), journaliste arrêté par les nazis en raison de ses opinions francophiles. Section 2.
Caron Augustin-Joseph (1773-1822), lieutenant-colonel d’Empire qui tenta en 1820 de renverser Louis XVIII. Il fut condamné à mort et fusillé. On lit sur sa dalle encadrée de chaînes qu’i est mort pour la liberté. Section 14.
Chastelain Désiré (1796-1865) qui fut maire provisoire de Strasbourg en 1851-1852. Section 1.
Coulaux Charles (1810-1887), industriel, maire de Strasbourg de 1852 à 1864. Section 4.
Dacheux Léon (1835-1903), chanoine et historien de l’Alsace (médaillon). Section 4.
Dumoulin Charles (1768-1847), général d’Empire. Section 7.
Goltz Friedrich (1834-1902), médecin (buste par Lange).
Gruyer Antoine (1774-1822), général d’Empire. Section 12.
Hirtzlin Albert (1853-1909), sous une belle statue de pleureuse par Albert Schultz. Section 14.
Hueber Louis (1780-1860), médaillé de Sainte-Hélène. Section 4.
Jaegle abbé (+ 1825), prêtre de la cathédrale à l’origine avec l’abbé Muhe (voir plus bas) de la construction de la chapelle de la Croix et instigateur d’un pélerinage au cimetière Saint-Urbain. Sa tombe est au pied du crucifix. Section 7.
Keller Gustave (1838-1910), chanoine et historien de l’Alsace. Section 4.
Kentziger François-Xavier (de) (1759-1832), avocat, maire de Strasbourg de 1815 à 1830. Section 9.
Kieffer Alphonse (1849-1921), chanoine. Section 4.
Lefftz Joseph (1888-1977), historien des traditions alsaciennes. Section 8.
Lercher Madeleine (1841-1907), beau monument avec médaillon de bronze représentant la défunte et statue du Christ, bannière en main. Section 14.
Levrault François-Georges (1722-1798), libraire et imprimeur (médaillon). Section 3.
Lienhart Theobald (1765-1831), vicaire, sous une grande statue allégorique signée Friedrich).
Mateo Paco (1917-1979), joueur de football d’origine espagnole. Section 10.
Muhe Simon-Ferdinand (1788-1865), prêtre, inhumé devant la chapelle de la Croix. Section 7.
Ostertag Georges (1769-1849), médecin. Section 9.
Ott frères, maître-verriers, sous un des monuments les plus imposants du cimetière montrant un ange de bronze qui frappe la cloche du Jugement dernier placée sous un temple à l’antique. Section 14.
Palée Elisée (1849-1924), confiseur (beau monument orné d’une imposante pleureuse de bronze). Section 4.
Perrin Louis-Henri (1789-1838), architecte. Section 3.
Petiti Jean-Jacques (1809-1883), architecte. Section 7.
Picquart Marie Georges (1854-1914), général. Chef du Deuxième Bureau, il joua un rôle décisif dans l’affaire Dreyfus en découvrant que le fameux bordereau avait été écrit en réalité par Esterhazy. Exclu de l’armée et emprisonné pour avoir diffusé ces preuves, il fut réhabilité en même temps que Dreyfus et devint ministre de la Guerre. D’abord inhumé au Père-Lachaise, il fut transféré ici en 1919. Section 5.
Rathgeber Jules (1833-1893), pasteur et historien de l’Alsace. Section 14.
Ristelhuber Antoine (1834-1899), écrivain. Section 4.
Riton Adèle (1832-1871), héroïne locale. Volontaire pour secourir les prisonniers français, elle mourut écrasée par un train en gare de Koenigshoffen. Le drame marqua profondément la ville dont la plupart des habitants vinrent aux obsèques. Section 1.
Sandmann François (1822-1886), libraire, sous un bas-relief représentant un ange. Section 3.
Schaffer Paul (1942-2002), sous un monument contemporain présentant un globe en grès lévitant dans un cadre de granit. Section 5.
Schulmeister Charles (1770-1853), le célèbre espion de l’Empereur. Section 5.
Schutzenberger Louis (1802-1887), brasseur. Section 3.
Seither (famille), dynastie de ferblantiers (monument original avec croix encadrée de deux colonnes coiffées d’urnes). Section 10.
Seltz Thomas (1872-1959), homme politique, député du Bas-Rhin de 1919 à 1940. Section 10.
Sorg Marie-Joseph (1792-1870), peintre. Section 5.
Straub Alexandre (1825-1891), chanoine et historien de l’Alsace. Section 4.
Wilhelm Louis (1876-1934), bibliothécaire (belle stèle avec médaillon de bronze). Section 6.

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