Saint-Mandé, cimetière Nord (ou cimetière ancien).

Près de la porte de Montreuil, un petit cimetière ancien qui se visiterait rapidement s’il ne comptait autant de sépultures dignes d’intérêt.

JPEG - 2.9 Mo


Ajoutons un entretien parfait ainsi que le souci remarquable de la municipalité d’informer le public sur ses richesses et ne retranchons que la brutalité architecturale des immeubles alentour.

JPEG - 2.8 Mo


Sur le mur extérieur, une grande plaque commémorative signale la présence en ces murs de la tombe de Juliette Drouet. À l’entrée, un plan permet de situer la plupart des tombes de personnages illustres. J’ai ajouté à cette liste mes propres découvertes.

Augier de Moussac Albert (1924-2007) . Sa dalle funérare nous apprend qu’il portait le titre de comte mais omet de rappeler qu’il fut, sous le nom roturier d’Albert Augier, un comédien spécialisé dans le doublage. Il prêta ainsi sa voix au personnage de Huggy-les-bons-tuyaux dans la série Starsky et Hutch.

JPEG - 2.4 Mo


Bailly Joseph (1849-1911), général.

Baschung Maurice (1888-1953), général (dont la tombe est beaucoup moins visitée que celle de son homonyme, et peut-être lointain parent, chanteur, inhumé au Père-Lachaise).

Belle Clément Louis (1722-1806), peintre, d’abord inhumé à Paris, au cimetière sainte-Catherine (désormais disparu). Tombe enfouie sous la végétation.

Bretonnel Jean (1910-1990), célèbre entraîneur de boxe qui forma plusieurs générations de représentants du noble art dont Jean-Claude Bouttier. Sa dalle funéraire, où sa photo côtoie celle de son épouse, s’incline de plus en plus.

Carrel Armand (1800-1836), journaliste, publiciste et historien, tué en duel par le patron de presse Emile de Girardin. David d’Angers a réalisé en 1839 la statue de bronze qui domine cette partie du cimetière et sur le socle de laquelle se lisent les mots suivants : Si parmi les membres de cette Chambre, il en est un qui se trouve offensé de mes paroles, qu’il me dénonce à cette barre, j’y comparaîtrai et je serai heureux d’être le premier homme de la génération de 1830 qui vienne protester ici contre un abominable assassinat.

JPEG - 2.4 Mo


Caventou Joseph (1795-1877), pharmacien, découvreur de la quinine mais aussi, en compagnie de son collaborateur Pelletier, de la chlorophylle, de la strychnine et de la caféine. Une plaque fut apposée sur le mur extérieur de sa chapelle funéraire le 5 mai 1977 à l’occasion du centenaire de sa mort.

JPEG - 2.5 Mo


Chevreau Jean (1794-1854) qui fut maire de Saint-Mandé de 1830 à 1848 mais aussi député de l’Ardèche. C’est dans sa maison qu’Armand Carrel, blessé lors de son duel avec Emile de Girardin, fut transporté et mourut.

JPEG - 2.5 Mo


Chevreau Léon (1827-1910), fils du précédent et inhumé dans la même chapelle, qui fut préfet et député de l’Oise.

Delaunay Henri (1883-1955), dirigeant sportif dont l’action fut considérable dans le monde du football puisqu’il co-fonda la Fédération française puis fut à l’origine de la Coupe du monde, de la Coupe d’Europe des clubs et du Championnat d’Europe des nations.

JPEG - 2.8 Mo


Drouet Claire (1826-1846), fille de Juliette Drouet (voir ci-dessous) et du sculpteur Pradier qui ne la reconnut qu’à l’âge de deux ans. Elle reposa d’abord à Auteuil avant d’être transférée ici. Les vers gravés sur sa tombe sont de Victor Hugo :
Voilà donc que tu dors sous cette pierre grise
Voilà que tu n’es plus, ayant à peine été !
L’astre attire le lys et te voilà reprise
Ô vierge par l’azur cette virginité !

JPEG - 2.8 Mo


Drouet Juliette (1806-1883), moins célèbre pour ses talents de comédienne que pour avoir été la maîtresse de 1833 à sa mort la maîtresse de Victor Hugo, passion d’un demi-siècle dont témoignent les quelque vingt mille lettres ou billets qu’elle lui adressa. Selon son voeu, elle fut inhumée auprès de sa fille, Claire (voir ci-dessus). Son épitaphe, oeuvre de son amant, illustre à la perfection l’orgueil hugolien :
Quand je ne serai plus qu’une cendre glacée,
Quand mes yeux fatigués seont fermés au jour,
Dis-toi, si dans ton coeur ma méoire est fixée :
Le monde a sa pensée.
Moi, j’avais son amour !

Duval Edmond (1900-1944), résistant, membre du front National de Libération, mort lors des combats de la Libération, le 25 août 1944.

Fiévé Eugène (1859-1939), maire de Saint-Mandé par interim entre 1914 et 1918.

Foucher Octave (1836-1889), médecin. Grand tombeau avec médaillon de bronze.

JPEG - 2.4 Mo


Fritsch-Lang Noëlle (1912-1922), sous une colonne coiffée d’une statue érodée par le temps.

Gallien Hippolyte (1813-1878). Tombe de famille coiffée d’une statue féminine signée Aimé Millet et datée de 1869.

JPEG - 2.4 Mo


Giraud Pierre. La plus étonnante chapelle du cimetière avec charpentes et armatures de bronze ainsi qu’un décor intérieur de mosaïques couvrant le sol et les murs. Elle porte l’inscription suivante : Cette chapelle frappée d’une opposition dénoncée à la mairie de Saint-Mandée (sic) (19 novembre 1925) et placée sous la surveillance de l’autorité municipale et du conservateur des cimetières ne peut être cédée ni vendue. Architectes : M. M. Quarez et Lapostolle.

Grandville J. J. (1803-1847), dessinateur, illustrateur et caricaturiste qui influença des générations d’artistes. Le grand Prix de l’humour noir graphique porte son nom. Mort à quarante-quatre ans, il repose auprès de sa première épouse et de leurs trois fils, tous morts avant lui.

JPEG - 2.8 Mo


Lepaute Alexis Louis. Datant de 1815, cette concession est la plus ancienne du cimetière.

Maniez Fleuride (1793-1847), épouse du célèbre Vidocq, le forçat devenu Chef de la Sûreté.

Mongenot Claude-François (1772-1859), maire de Saint-Mandé.

Ortès Auguste (1870-1950), président de la Saint-Mandéenne, une des plus anciennes associations sportives de France. Dans la même tombe, son fils, Pierre (1897-1970) qui lui succéda.

Oubron Robert (1913-1989), coureur cycliste, spécialiste du cyclo-cross. Le livre ouvert sur sa tombe porte comme dédicace Ses amis du Tour de France (il termina 20è du Tour 1937).

Piat Frédéric-Eugène (1827-1903), sculpteur ornemaniste, surnommé le "roi du bronze" dans la France industrielle de la fin du XIXè siècle. Aubois de naissnace, il fut à l’origine du musée des Ars décoratifs de Troyes qui conserve une grande partie de ses oeuvres.

JPEG - 2.8 Mo


Prunier Eugène (1832-1888), médecin, maire de Saint-Mandé en 1884. Enterré sous une colonne brisée qui rend hommage à son épouse décédée prématurément.

Quehan Denis, sous une chapelle décorée d’un buste (aujourd’hui disparu) qu avait été offert par ses amis et ses employés.

Rouget de Lisle Thomas Amédée (1807-1887), maire de Saint-Mandé de 1884 à 1885.

Saint-Laurent Hippolyte (de) (+ 1855, à 40 ans), chef de bataillon du Génie, tué devant l’ennemi sous les murs de Sebastopol (stèle in memoriam).

Thill Georges (1897-1984), artiste lyrique. Ténor exceptionnel (une plaque sur sa tombe proclame : Hommage à la plus merveilleuse, incomparable et inoubliable voix de ce siècle), il triompha dans le monde entier pendant des décennies et fut un des artistes les plus populaires de son temps.

JPEG - 2.8 Mo


Un Monument célèbre la mémoire des 530 soldats français morts pour la défense de la Patrie, décédés à l’hôpital Bégin durant la guerre 1870-1871.

JPEG - 2.8 Mo


Au registre des épitaphes, voici ce qui m’a semblé digne d’être retenu.

Sur la stèle effritée de la jeune Clotilde Turpin (+ 1867, à quinze ans), on ne lira bientôt plus ce quatrain :
Tendre et suave fleur, trop belle pour la terre
Le Seigneur l’a cueillie pour le jardin des cieux
Douce, aimable et pieuse, sa trop courte carrière
Plonge dans la douleur ses parents malheureux

Dédiés à la mémoire du soldat Philippe Perreau, mort au champ d’honneur en 1915, à l’âge de 26 ans, ces vers de Victor Hugo, décidément très présent ici :
Gloire à notre France immortelle
Gloire à ceux qui sont morts pour elle.

Sa tombe révèle que le petit Roger Quin (1921-1927), fut blessé mortellement par une automobile le 7 juillet 1927 à Houdan (Seine-et-Oise).

Enfin, sur la tombe d’un défunt mort en 2008, ces mots joliment mis en forme :
Je vous écris ces mots car je n’ai plus de voix
Je vous aimais, et vous m’aimiez je crois,
Alors, je vous en prie, ne soyez pas si tristes,
Puisque dans vos pensées un peu de moi subsiste.
Mes derniers voeux : soyez heureux, vivez tranquilles
Et surtout n’ayez pas de regrets inutiles.

Dans le même département, voir aussi :
Ivry-sur-Seine, ancien cimetière
Ivry-sur-Seine, nouveau cimetière communal (dit cimetière Monmousseau)