Qui repose à Saint-Germain-des-Fossés ?

Attention, plusieurs cimetières sont groupés les uns à côté des autres, à la sortie du bourg, sur la route de Vichy.
Le plus vénérable est le cimetière dit du Prieuré car situé autour d’une superbe église du XIè siècle.

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Il est lui-même divisé en deux parties qui valent surtout pour l’unité des vieux tombeaux qui peu à peu laissent la place à des monuments modernes. J’y ai noté les noms de :

Raynaud Fernand (+ 1916, à 22 ans), mécanicien sur le croiseur Descartes, mort pour la France à l’hôpital de Kingston en Jamaïque. Ce parfait homonyme (et peut-être parent ?) du comédien et humoriste, inhumé un peu plus loin, ne repose pas ici (cénotaphe).

Saurou Pierre (1924-2006), résistant, déporté à Mathausen.

Le cimetière moderne de la rue de Vichy, à quelques mètres du précédent, est vaste et lui aussi scindé en deux parties ! Pour trouver la sépulture, banale, de Fernand Raynaud, entrer par le portail principal et se diriger vers le fond par l’allée centrale. Côté gauche, contre la petite haie (il n’y a pas de mur) qui sépare les deux zones du cimetière (la seconde où se trouve un columbarium et un jardin du souvenir est joliment arborée), compter huit emplacements sur la droite (le numéro sur le plan est allée V 24).

Raynaud Fernand (1926-1973)

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Sa sépulture est des plus discrètes, semblable à la majorité de ses voisines. Depuis mon dernier passage, un portrait dessiné du comédien a été fixé sur la stèle. La plaque apposée sur le mur du cimetière par la municipalité résume sa carrière et sa vie. Je me permets de la retranscrire ici, à l’attention de tous ceux qui ne pourront se rendre sur place :

Fernand Raynaud
Humoriste, auteur et acteur français.
Né à Clermont-Ferrand le 19 mai 1926,
dans la cité ouvrière de l’Oradou,
bâtie par Michelin.
Son père y était contremaître, après avoir été
employé SNCF.
À 15 ans, il renonce à ses études après avoir
obtenu son certificat d’études. Il joue alors dans un théâtre
amateur et exerce les métiers de bobineur, commis d’architecte,
projectionniste de cinéma, terrassier au camp d’aviation
d’Aulnat. Puis il part s’installer à Paris en vélo pendant la guerre et débute dans les brasseries, puis des cabarets, enchaînant quelques années de vaches maigres.
Sa rencontre avec Jean Nohain, au début des années 50, va décider de sa carrière. Il participera notamment à l’émission télévisée
36 chandelles avec Roger Pierre, Jean-Marc Thibault, Darry Cowl et Raymond Devos.
En décembre 1955, il épouse la chanteuse Renée Caron.
Il habite Gennevilliers quelques
(sic) temps et y puisera l’inspiration de plusieurs sketches, notamment Le 22 à Asnières.
Il connaît le triomphe au début des années 60 au théâtre des Variétés avec son spectacle Fernand Raynaud Chaud puis enchaîne les tournées en France, au Canada, en Afrique et dans le Pacifique. Il joue alors régulièrement à l’Olympia et à Bobino.
En 1962, il produit Le Bourgeois gentilhomme de Molière, où il interprète Monsieur Jourdain. Un an plus tard, il joue Sganarelle dans le Don Juan de Molière aux côtés (sic) de Georges Descrières et en 1970, il propose un spectacle entièrement mimé au Théâtre de la Ville, intitulé Une heure sans paroles qui connaît un grand succès.
Il meurt dans un accident de la route le 28 septembre 1973 au Cheix-sur-Morge près de Riom et est inhumé à Saint-Germain-des-Fossés où enfant il passait ses vacances.
Il laissera des sketches mémorables (
Le 22 à Asnières, C’est étudié pour, Restons français, Le Paysan, Le Plombier...), des répliques renommées (Heu-reux, Allô tonton ? Pourquoi tu tousses ?, C’est l’plombier...) et des chansons qui ont marqué leur époque (Et vlan, passe-moi l’éponge, Avec l’ami Bidasse...).

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Peu de choses remarquables dans cette partie moderne sinon un jeune insulaire qui repose depuis peu sous une stèle moderne ornée d’une carte de la Corse et de la tête de Maure.
Le prénom Marie-Procule m’a paru aussi digne d’être relevé.

Enfin, comment ne pas sourire en découvrant, à deux pas de la tombe de Fernand Raynaud, cette association de patronymes qui lui correspond si peu ?

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4 août 2012 : Charles-Louis Philippe, de Cérilly au Sébasto.
Vichy, cimetière des Bartins.