5 janvier 2015 : Francis Lopez, Offenbach de l’après-guerre ?

20è anniversaire de la mort de Francis Lopez.

Alors que ses ritournelles quittent le purgatoire où les avait reléguées la mode des années 60 et suivantes, la tombe de Francis Lopez (1916-1995), au cimetière Montmartre, ne fut guère visitée aujourd’hui, pourtant vingtième anniversaire de sa mort.

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Pas l’ombre d’une des ultimes marianistes ni le fantôme d’un aficionado de Georges Guétary. Nulle groupie du Châtelet. Aucun clone d’Alagna. Ténors aux abonnés absents. Vincent Niclo porté pâle (il est vrai qu’il aura quarante ans demain et peut-être d’autres priorités).

J’ai donc songé seul au curieux parcours de ce basque de Montbéliard qui connut très tôt le succès avant de s’essouffler face à des courants contraires. Il ne cessa jamais de composer des opérettes, les dernières n’étant connues que des initiés, au contraire de celles qui avaient marqué son entrée dans la carrière, La Belle de Cadix, Le Chanteur de Mexico, La Route fleurie...

La sienne, de route, ne le mena pas que vers le bonheur : une de ses épouses, Sylvia, comédienne, mourut d’une leucémie à 26 ans ; une autre, la flamboyante Anja (je me souviens l’avoir croisée et l’impression que me fit, enfant, son élégance peu discrète) s’abîma en hélicoptère dans la baie de Cannes. Elle repose avec lui tandis que Sylvia dort à Montparnasse (il était divorcé d’une troisième, Colette, dont j’ignore ce qu’elle devint).

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Lui qui n’excluait pas d’être un jour écouté comme on écouta Offenbach après sa mort est inhumé dans la même nécropole que l’auteur de La Vie parisienne. Vingt ans après, à la postérité de juger.