13 mars 2015 : Ne cherchez plus Artus de Penguern.

58è anniversaire de la naissance d’Artus de Penguern.

Jamais le Père-Lachaise n’a compté autant de "spécialistes", ni de "passionnés" ni d’"historiens" qui, à les en croire, nourriraient un authentique intérêt pour le lieu et ses résidents. Impossible à l’entrée principale ou sur internet d’échapper à leur racolage. Confidence d’une habituée du cimetière recueillie jeudi matin : les plus culottés affirment à leurs ouailles que l’argent reçu leur servira à nourrir les chats de la nécropole
La vérité impose de dire que la plupart n’a d’autre talent que celui de rançonner le promeneur en lui révélant l’emplacement des vingt sépultures les plus touristiques, le tout agrémenté d’un commentaire déchiffré avec peine dans quelque opuscule, ou entendu à la sauvette, et débité d’une voix parfois pâteuse, ultime confirmation que la rhétorique se meurt.

Ceci pour dire que je m’étonne du silence entourant la dernière demeure du comédien et réalisateur Artus de Penguern (1957-2013), qui repose pourtant au Père-Lachaise ! Discrétion de leur part ? On optera plutôt pour l’ignorance.

Mort brutalement il y a presque deux ans, Artus de Penguern, né un 13 mars, fut un des plus subtils comédiens et humoristes de sa génération. Si des millions de spectateurs le virent dans Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, il ne cessa, en fait de tourner pendant plus de trente ans pour le cinéma comme pour la télévision. À son actif, des critiques aussi mordantes qu’intelligentes pour France-Inter mais également la réalisation de deux longs-métrages dont Grégoire Moulin contre l’humanité où il incarnait un orphelin né... un vendredi 13.

C’est donc aujourd’hui ou jamais qu’il faut révéler à ces néo-Père-Lachaisiens (les habitués de mon site comme des allées du cimetière ne les connaissent que trop bien), qui ont parfois vingt ans de plus que moi mais trente ans de moins d’expérience, que le nom d’Artus de Penguern a été gravé dans la pierre voici plusieurs mois déjà.

La preuve :

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Et parce qu’il faut instruire sans jamais oublier que le cimetière est aussi escarpé que l’arthrose est vigilante, j’ajoute même que la tombe est dans la 94è division.

Les lecteurs fidèles de mes articles, dont beaucoup m’accompagnent souvent dans mes promenades, auront bien sûr, compris que ce sont eux les vrais destinataires de l’information (je sais que beaucoup n’ont pas oublié Artus de Penguern) et non la menuaille gougnafière obnubilée par le profit et qui s’en souciera comme des prochaines guignes.