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Qui repose à Villars-en-Azois ?

Précisons que le lieu, situé dans une rue en retrait, au contact des habitations mais pas à côté de l’église, est des plus exigüs (le village compte soixante-dix habitants). On y voit tout en quelques minutes et si on y reste, c’est pour approfondir son premier contact.

Villars-en-Azois est l’exemple d’un cimetière communal dominé par une famille, en l’occurrence les Quilliard, riches propriétaires terriens et exploitants forestiers.

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Impossible de ne pas remarquer dans ce petit quadrilatère la très vieille stèle (l’épitaphe débute par Cy gissent) de Claude Quilliard (+ 1821), écuyer du Roi, ancien maire de la ville, et de son épouse, Élizabeth, décédée en 1801. Dans la même tombe reposent aussi le lieutenant-colonel Jean Quilliard (1879-1931), l’architecte André Quilliard (1887-1951) et le sous-lieutenant Claude Quiliard (1916-1945), mort pour la France en déportation et réinhumé ici en 1952.

Longtemps, la notabilité fut ici Georges Quilliard (1852-1924), maire de la commune, sénateur de la Haute-Marne de 1920 à 1924.
Il eut neuf enfants et, depuis quelques années, a cédé la prééminence à l’un de ses turbulents descendants.

Dans l’angle, au fond et à droite, se trouve en effet la tombe du musicien et compositeur Jacno (1957-2009), de son vrai nom Denis Quilliard.

Précurseur dès 1976 avec son groupe Stinky Toys (dont la chanteuse était sa compagne, Elli Medeiros) il refusa l’étiquette "punk rock" dont on voulait l’affubler puis évolua vers un style dit "pop à la française" et laissa une oeuvre emblématique de la fin des années 70 et du début des années 80, trop en avance pour jouir d’une grande reconnaissance populaire (exception notable, l’entêtant instrumental Rectangle dont les publicitaires finirent par s’emparer). Chanteur, il offrit quelques pépites à un public connaisseur (que d’humour noir dans Mauvaise humeur) et reprit même Maurice Chevalier (!), Ça fait d’excellents Français. Il fut aussi un étincelant producteur à qui Daho ou Higelin doivent beaucoup.
Fumeur invétéré, ce qui précipita sa fin, il devait son pseudonyme au graphiste Marcel Jacno, auteur du fameux casque gaulois ornant les paquets de cigarettes Gauloises.

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Sa tombe, à l’écart (il n’est pas enterré avec son grand-père dont il confiait à Thierry Ardisson qu’il se torchait avec Le Figaro qu’il considérait comme un journal de gauche), un... rectangle minimaliste, est aussi celle de son père et de sa soeur. Sur une petite plaque, ornée d’une croix, sa véritable identité (le nom Jacno n’apparaît pas) commence déjà de s’effacer. Il y a loin, très loin, du Paris branché et enfumé dont il fut l’icône à ce lopin perdu et si tranquille de la Haute-Marne où l’air est bien pur.

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On citera aussi les tombes de :

Michel Brocard (1931-1992), colonel.

André Le Grand (1895-1951), médecin psychiatre.

En repartant, il faut choisir d’aller vers l’ouest, le département de l’Aube et la tombe des Renoir, à Essoyes, ou de filer vers le nord, en direction de Colombey-les-Deux-Églises où repose le général De Gaulle.

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