Dans la même rubrique...

Marseille, cathédrale Sainte-Marie-Majeure (la Major).

JPEG - 2.1 Mo


Construite de 1852 à 1893 sous l’impulsion de monseigneur de Mazenod (qui fut aussi à l’origine de Notre-Dame-de-la-Garde), sur les plans de Léon Vaudoyer, poursuivie par Henri Jacques Esérandieu et achevée par Henri Révoil, la cathédrale de Marseille impressionne par son style néo-byzantin.
Érigée en basilique mineure, elle abrite dans sa chapelle axiale le tombeau de son initiateur, saint Eugène de Mazenod (1782-1861), évêque de la ville (il mourut doyen des évêques de France), fondateur des Oblats de Marie Immaculée.
À côté du sarcophage, des panneaux d’exposition relatent sa vie, sa vocation tardive et son engagement auprès des plus humbles.
J’en recopie ici l’essentiel à l’attention de ceux qui ne pourront se rendre sur place.

JPEG - 1.7 Mo


JPEG - 2 Mo


Un jeune sans repères qui a rencontré Jésus-Christ.

Le 1er août 1782. Naissance à Aix-en-Provence de Charles Joseph Eugène de Mazenod, fils de Charles Antoine de Mazenod, Président à la Cour des Comptes et de Marie Rose Joannis.

Mon coeur n’a point changé avec l’âge. Il est idolâtre de sa famille. Je me ferais hacher pour certains individus de ma famille, et cela s’étend assez loin car je donnerais ma vie sans hésiter pour mon père, ma mère, ma grand-mère, ma soeur et les deux frères de mon père.
Autoportrait d’Eugène pour son directeur spirituel, 1808.

Il m’était ordinaire de donner mon déjeuner même quand j’avais bien faim pour assouvir celle des pauvres, je portais du bois à ceux qui prétendaient avoir froid et n’avoir pas de moyens pour s’en procurer, je fus un jour jusqu’à me dépouiller de mes habits pour en revêtir un pauvre, et mille autres choses pareilles.
Autoportrait (1808).

1791. Début des 11 années d’émigration à Nice, Turin, Venise, Naples et Palerme.
Sa mère et sa soeur les ont quittés pour rentrer en France. Divorce de ses parents ; ses vains efforts pour les réunir.

1802. Retour en France. Vie de jeune aristocrate, sans horizon, alternant plaisirs et ennui.

Or il n’y a pas une demoiselle qui me convienne à Aix...Et puis encore, c’est que je la veux très riche, ce qui est bien difficile à trouver.
Lettre à son père à Palerme (1804).

Comment suffire aux plaisirs que me présente la charmante ville d’Aix ? Lettre à son père à Palerme (1804).

Faites un résumé de tout cela, et vous verrez qu’on finira à Aix par crever de plaisir.
Lettre à son père à Palerme (1804).

Ensuite, il faut tout dire, ce dégoût vient beaucoup aussi de ce qu’il n’est pas dans mon caractère de vivre pour planter des choux. Je sens que je ne suis pas à ma place, et j’enrage de voir s’écouler mes plus belles années dans une oisive obscurité.
Lettre à son père à Palerme (1804).

À l’âge de 25 ans, à la vue de la voix le Vendredi saint, il saisit le sens de sa vie. Tout change :

J’ai donc cherché le bonheur hors de Dieu, et je n’ai trouvé hors de lui qu’affliction et chagrin. Heureux, mille fois heureux qu’il ait, ce bon Père, malgré mon indignité, déployé toute la richesse de ses miséricordes...
Quelle plus glorieuse occupation que de n’agir en tout et pour tout que pour Dieu, que de l’aimer par-dessus tout, que de l’aimer d’autant plus qu’on l’a aimé trop tard.

Notes de retraite.

Un prêtre "révolutionnaire" pour Jésus-Christ.

Il faut (...) rendre les hommes raisonnables, puis chrétiens, enfin les aider à devenir des saints.
Constitution des Oblats (1818).

1808. Séminariste à Saint-Sulpice, Paris.

Je me suis dévoué au service de l’Église parce qu’elle était persécutée, parce qu’elle était abandonnée.
Lettre à son père.

1811, le 21 décembre. Ordination sacerdotale à Amiens.

Mon Dieu, c’en est fait désormais et pour toute ma vie. Vous, vous seul serez l’unique objet auquel tendront toutes mes affections et toutes mes actions. Vous plaire, agir pour votre gloire, sera mon occupation journalière, l’occupation de tous les instants de ma vie. Je ne veux vivre que pour vous, je ne veux aimer que vous et tout le reste en vous et par vous.
Notes de retraite.

1812. Retour à Aix comme jeune prêtre. Il vit dans la maison de sa mère.

Ma grande occupation sera d’aimer Jésus-Christ, mon plus grand soin de le faire aimer.
Notes de retraite.

1813. Commencement de son ministère auprès des plus délaissés de la Provence : les jeunes, les prisonniers, les gens qui parlent seulement le provençal.

Venez maintenant apprendre de nous ce que vous êtes aux yeux de la foi.
Pauvres de Jésus-Christ, affligés, malheureux, souffrants, infirmes, couverts d’ulcères, etc. , vous tous que la misère accable, mes frères, mes chers frères, mes respectables frères, écoutez-moi.
Vous êtes les enfants de Dieu, les frères de Jésus-Christ, les héritiers de son baume éternel, la portion choisie de son héritage...
Que vos yeux percent une fois les haillons qui vous couvrent, il est au-dedans de vous une âme immortelle faite à l’image de Dieu qu’elle est destinée de posséder un jour, une âme rachetée au prix du sang de Jésus-Christ, plus précieuse aux yeux de Dieu que toutes les richesses de la terre, que tous les royaumes du monde, une âme dont il est plus jaloux que du gouvernement de l’univers entier.

Instructions familières en provençal, la Madeleine d’Aix en 1813.

Je ne rencontrai parmi ces pauvres prisonniers que je secourais spirituellement et temporellement ... que des âmes reconnaissantes, des coeurs pleins d’affection qui répondaient parfaitement à la charité tendre que j’éprouvais pour eux.
Journal.

Je me suis entièrement rétabli d’une maladie qui m’avait conduit aux portes du tombeau... C’était aux casernes où étaient entassés 2000 prisonniers autrichiens que je pris ce qu’on appelle la maladie des prisons. Le jour de saint Joseph, j’étais le matin à toute extrémité...
Lettre à son père.

À Aix, il aide de nombreux jeunes à se construire dans la foi.

Très chers jeunes ! En Eugène de Mazenod, vous avez un maître, un guide et un protecteur !
À son école, vous pouvez découvrir combien la vie est belle au service de l’Évangile !

Jean-Paul II (décembre 1995)

Un pasteur qui a donné sa vie pour le diocèse de Marseille.

1823. Rétablissement du diocèse de Marseille qui avait été supprimé en 1791. Mgr Fortuné de Mazenod, nommé évêque, choisit son neveu Eugène comme le premier de ses vicaires généraux.

1837. Eugène de Mazenod est nommé Évêque de Marseille.

Il faudra que je m’attache à ce peuple comme un père à ses enfants. Il faudra que mon existence, magie, tout mon être lui soient consacrés, que je n’aie de pensées que pour son bien, d’autres craintes que de ne pas faire assez pour son bonheur et sa sanctification, d’autre sollicitude que celle qui doit embrasser tous ses intérêts spirituels et même en quelque façon son bien-être temporel.
Il faudra en un mot que je me consume pour lui, disposé de lui sacrifier mes aises, mon attrait, le repos, la vie même.
(...) Placé par Jésus-Christ à la garde du bercail, chargé de l’instruire, de le nourrir, de l’édifier, ... devenir pasteur et père, investi de l’autorité même de Jésus-Christ que je devrai représenter au milieu de cette portion de son troupeau qui sera devenu aussi mon propre troupeau.

Retraite préparatoire à la prise de possession du siège épiscopal de Marseille.

1856. Nommé Sénateur par l’empereur Napoléon III.

1975. Paul VI béatifie Eugène de Mazenod.

Le pape Paul VI le décrit comme un passionné de Jésus-Christ et un inconditionnel de l’Église.

1995. Saint Eugène de Mazenod.

Le pape Jean-Paul II le propose comme un homme de l’Avent ouvrant les voies au Seigneur dont l’humanité attend dans la confiance la nouvelle venue. Il le considère comme un patron de la nouvelle évangélisation.

2011, le 21 mai. Célébration des 150 ans de sa mort.

Mgr de Mazenod était animé par la passion d’annoncer l’Évangile du Christ. C’est par le chemin de la rencontre des plus pauvres que le Christ est venu à lui et l’a attaché à Lui. Il en a fait un apôtre infatigable.

En cela, il est un modèle pour nous.

Que la passion de l’Évangile nous habite ! Qu’elle nous conduise vers les plus pauvres d’aujourd’hui en Église diocésaine.
Mgr Georges Pontier.

Fondateur d’une communauté religieuse missionnaire.

1815. Eugène invite d’autres à partager son projet missionnaire :

Mon cher ami, lisez cette lettre au pied de votre crucifix, dans la disposition de n’écouter que Dieu, ce que l’intérêt de sa gloire et le salut des âmes exigent d’un prêtre tel que vous... pénétrez vous bien de la situation des habitants de nos campagnes... consultez votre coeur sur ce qu’il voudrait faire pour remédier à ces désastres, et répondez ensuite à ma lettre.
Invitation adressée à l’Abbé Tempier, 27 ans, vicaire à Arles.

1815, le 2 octobre. Eugène achète l’ancien couvent des carmélites. Les locaux pourront accueillir les 300 jeunes qui se réunissent deux fois par semaine, ainsi que les futurs Missionnaires.

1816, le 25 janvier. Commencement de la vie communautaire des Missionnaires de Provence (futurs OMI). Début des 3000 Missions paroissiales prêchées en France pendant la vie du Fondateur - y compris celle de Marseille en 1830, à l’origine du Calvaire des Accoules, devenu lieu de pèlerinage et centre d’accueil de l’Oeuvre des Italiens.

Les prêtres soussignés (...) vivement touchés de la situation déplorable des petites villes et villages de Provence qui ont presque entièrement perdu la foi...S’étant convaincus que les missions seraient le seul moyen par lequel on pourrait parvenir à faire sortir de leur abrutissement ces peuples égarés... ont l’honneur de Vous demander l’autorisation de se réunir à Aix dans l’ancienne maison des Carmélites.
Demande d’autorisation adressée aux autorités diocésaines d’Aix.

1818, le 1er novembre. La communauté des missionnaires devient congrégation religieuse.

Il faut que l’on comprenne maintenant mieux que jamais la nécessité d’être parfait religieux pour être bon missionnaire. Il faut que l’on soit bien persuadé que le moyen le plus efficace d’opérer de grand fruits dans les âmes est la sainteté de la vie et la pratique fidèle de tous les devoirs de notre état.

1819. Sanctuaire marial de Notre-Dame-du-Laus (Hautes-Alpes) comme lieu de mission permanente premier des sanctuaires mariaux confiés aux OMI.

J’invoque à cet effet l’intercession de la très sainte et immaculée vierge Marie, Mère de Dieu, osant lui rappeler en toute humilité, mais avec consolation, le dévouement filial de toute ma vie et le désir que j’ai toujours eu de la faire connaître et aimer et de propager son culte en tous lieux.
Testament, 1854.

1826, le 17 février. Approbation de la Congrégation par le Pape, sous le nom de Missionnaires Oblats de Marie Immaculée (OMI).

Réjouissez-vous avec moi et félicitez-vous, mes bien-aimés, car il a plu au Seigneur de nous accorder de grandes faveurs ; Notre Très Saint Père le Pape Léon XII... a sanctionné de son approbation apostolique notre Institut, nos Congrégations et nos Règles... Au nom de Dieu, soyons saints.
Lettre à toute la Congrégation, 1826.

1827. Prise en charge du Grand Séminaire de Marseille (suivront Ajaccio 1835, Fréjus 1851...).

1841. Premières missions hors de France : Angleterre/Irlande et Canada. "Audacieux pour l’Évangile", ils sont dans plus de 60 pays aujourd’hui.

1861, le 21 mai. Mort d’Eugène de Mazenod. Son testament aux Oblats.

Pratiquez bien parmi vous la charité... la charité... la charité... et au dehors, le zèle pour le salut des âmes.

JPEG - 2.2 Mo


Adresse : Place de la Major.

Horaires :
10h - 19h en été.
10h 18h en hiver.
Attention, la cathédrale est fermée le lundi.

Dans le même département, voir aussi :
La Ciotat, cimetière Sainte-Croix
Qui repose à Maillane ?
Marseille, cimetière de La Treille
Marseille, cimetière civil de Mazargues
1er novembre 2014 : Pierre Blancard, monsieur Chrysanthème.