10 février 2016 : Ernest Pérochon, Goncourt oublié.

74è anniversaire de la mort de l’écrivain Ernest Pérochon.

Dans la liste des lauréats du prix Goncourt, il joue les invités surprise.

Millésime 1920 pour Nêne, à l’ombre de Marcel Proust couronné l’année précédente pour ses jeunes en filles en fleur, autrement dit le pire numéro tant il est vrai que rien ne saurait pousser auprès d’un tel arbre.

Brave artisan des lettres pourtant qu’Ernest Pérochon (1885-1942), né (une semaine avant Sacha Guitry, ce mois de février 1885 semblant leur seul point commun) dans une famille protestante de Courlay (Deux-Sèvres), le fameux bourg anticoncordataire où les catholiques sont divisés depuis 1801 entre "traditionnels" et "dissidents", chaque communauté ayant même une partie réservée du cimetière (les premiers à gauche de l’entrée, les seconds à droite), devenu instituteur puis écrivain à plein temps après le sacre de Nêne .

Rien à voir avec la Nane de Paul-Jean Toulet : Nêne est une servante soumise (lointaine parente de la Félicité d’Un coeur simple) travaillant chez un veuf (comme Barbe auprès d’Hugues Viane dans Bruges-la-Morte mais nous sommes ici chez un naturaliste et non un symboliste) dont elle s’occupe des jeunes enfants avec un dévouement de mère. Je ne vous dis pas la suite car des jours pluvieux sont peut-être à venir et que certains d’entre vous en dénicheront, qui sait, dans leur grenier, un exemplaire jauni entre un volume de Louis Pergaud et un autre de Gaston Chérau (qui voudra un jour savoir ce que fut la vie de province au début du XXè siècle ne pourra faire l’économie de leur lecture).

Marcel Proust à qui Jacques de Lacretelle avait demandé son soutien pour ce prix Goncourt 1920 lui avait confié préférer Jean Giraudoux. Las, ce fut Pérochon, au patronyme tout à la fois si français mais si peu littéraire, mort le 10 février 1942 et dont cette plaque permet de repérer l’humble sépulture au cimetière Cadet de Niort (Deux-Sèvres).

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