Marnes-la-Coquette, cimetière communal.

Contigü au cimetière de Ville-d’Avray (un simple muret percé de marches les sépare et on passe de l’un à l’autre sans s’en rendre compte ; ils sont évidemment à découvrir lors d’une seule et même visite), le cimetière de Marnes-la-Coquette est récent (il fut ouvert en 1934 afin de remplacer l’ancien champ de repos) mais se découvre derrière une magnifique grille ancienne ouvragée.

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Entretien parfait, nombre de célébrités dans un tout petit périmètre, le calme de la forêt pour unique voisinage et l’avantage (par-rapport aux défunts de Ville-d’Avray) de reposer sur le haut de la pente : l’endroit ne peut que séduire l’amateur d’histoire récente.
En moins d’une heure, il est possible de découvrir les tombes de :

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Henry-René d’Allemagne (1863-1950), bibliothécaire, historien, paléographe et collectionneur, auteur d’études sur les jeux et passe-temps au cours des siècles (il se passionna aussi pour la serrurerie et les luminaires). Il repose sous un imposant tombeau de famille qui rappelle l’implantation ancienne de ses ancêtres à Marnes-la-Coquette.

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Charles Ardant du Picq (1879-1940), général de division, tué à l’ennemi le 8 juin 1940 (un des treize officiers généraux morts en mai et juin 1940) à Eaubonne lors des combats pour la défense de Paris. Il était également ethnologue et consacra plusieurs études aux populations malgaches. La comédienne Fanny Ardant lui est apparentée mais descend d’une autre branche familiale.

Annie Bousquet (+ 1956), pilote automobile franco-autrichienne morte accidentellement sur le circuit de Reims (son décès entraîna l’éviction des femmes des compétitions automobiles en France pendant quinze ans). Inhumée auprès de son mari, Pierre Bousquet (+ 1956), également pilote, mort peu de temps avant elle, également dans un accident.

Antonin Brocard (1885-1950), général. Une inscription in memoriam rend hommage à cet officier aviateur qui commanda durant la Première Guerre mondiale l’escadrille des Cigognes (il y fut le recruteur de Georges Guynemer) et repose, non loin d’ici, dans la crypte du Mémorial de l’Escadrille La Fayette (actuellement en travaux).

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Maurice Chevalier (1888-1972). L’occupant le plus illustre du cimetière (quarante ans après, il n’est pas rare de croiser des visiteurs venus dans le seul but de s’incliner sur sa tombe) repose dans l’allée supérieure (à droite, en entrant), côté gauche.
Ce lieu de sépulture (Marnes-la-Coquette a la réputation d’être la commune la plus riche de France) traduit l’incroyable réussite du gamin pauvre de Ménilmontant devenu le plus grand chanteur français jusqu’à l’avènement de Charles Trenet mais aussi un comédien salué par Hollywood comme l’incarnation du Parisien léger et séducteur (il tourna sous la direction de Lubitsch et fut deux fois en lice pour un Oscar). Plus de soixante années de carrière et des dizaines de succès entrés dans la mémoire populaire (souvent dus à Albert Willemetz inhumé, voir plus bas, à quelques tombes de la sienne) comme Ma Pomme, Valentine, Prosper, Dans la vie, faut pas s’en faire, Ça fait d’excellents français, Paris sera toujours Paris, Ça sent si bon la France ou la Marche de Ménilmontant ont assuré à l’homme au canotier une place de choix au panthéon du XXè siècle. Il chanta même les Beatles (Le Sous-marin vert, adaptation de Yellow submarine dont nous dirons qu’il n’a rien ajouté à sa gloire) et la chanson du film Les Aristochats avant de finir tristement ses jours à l’hôpital quelques mois après une tentative de suicide aux barbituriques.
Conscient de son parcours et fort de satisfait de lui-même, il publia dix volumes de Souvenirs (Ma route et mes chansons).
Il repose auprès de sa mère, Joséphine, née Van Den Bosche (1852-1929), dite "La Louque", nom également de sa propriété de Marnes-la-Coquete qui n’était autre que l’ancienne demeure du richissime Richard Wallace (inhumé au Père-Lachaise).

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On exauça son voeu qui était d’avoir sur sa tombe la mention : Artisan de France.

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Lilian Constantini (voir Charles Schneider).

Alfred Daniel-Brunet (1882-1943), pharmacien, collectionneur et mécène. Sa villa pompéienne (inspirée par la fameuse villa Keylos de Théodore Reinach) de Saint-Cloud abrite désormais le musée des Avelines. Il mourut dans un accident de voiture.

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Louis Dubois (+ 1876, à 79 ans), maire de Marnes-la-Coquette pendant vingt-deux ans.

Pierre de Gasztold (Bernos de Gasztold) (1913-2004), illustrateur.

Jean de Letraz (Jean Deletraz) (1897-1954), auteur dramatique dont plusieurs pièces comiques furent créées au théâtre du Palais-Royal qu’il dirigea de 1942 à sa mort. Sa veuve, Simone, lui succéda avant de confier les rênes de l’établissement au jeune Jean-Michel Rouzière (inhumé au cimetière Montmartre).

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Thierry Maulnier (Jacques Talagrand) (1909-1988), journaliste engagé à droite (L’Action française avant 1940, Le Figaro ensuite), proche dans sa jeunesse des milieux fascisants, écrivain, auteur dramatique et également critique. Membre de l’Académie française. Avec lui repose son épouse, la comédienne Marcelle Tassencourt (1914-2001) qui dirigea longtemps le théâtre Montansier de Versailles et forma, au Conservatoire de la ville, de jeunes comédiens ayant pour noms Fanny Cottençon, Catherine Frot ou Francis Perrin.

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Christiane Minazzoli (1931-2014), comédienne qui, après avoir débuté avec les Branquignols, accompagna durant des années Jean Vilar et Gérard Philipe dans la grande aventure du T.N.P.. Elle eut davantage de succès au théâtre et à la télévision qu’au cinéma.

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Porfirio Rubirosa (1909-1965). Quelle vie que celle de ce diplomate dominicain au physique avantageux (il s’est longtemps murmuré que la nature n’avait en rien oublié de le combler) qui fut le plus grand séducteur de son temps, se maria cinq fois (sa première épouse n’était autre que la fille du dictateur Trujillo et sa deuxième, Danielle Darrieux), accueillit dans son lit (à moins qu’il ne fut invité dans le leur) les plus belles femmes du monde (Marilyn Monroe, Ava Gardner, Rita Hayworth, Kim Novak, Eva Peron, Zsa Zsa Gabor...) avant de se ranger en épousant la toute jeune comédienne française Odile Rodin et de se consacrer à ses deux autres passions, le polo et la course automobile. Cette dernière lui fut fatale : il mourut au volant de sa Ferrari en percutant un arbre dans le bois de Boulogne. Le nom de la commune où il repose, joint aux rumeurs sur sa légendaire anatomie, inspire encore quelques sourires.

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Charles Schneider (1898-1960), industriel, maître des célèbres forges du Creusot (il reposa d’abord dans le caveau de la famille Schneider situé dans la crypte de l’église Saint-Charles du Creusot avant son transfert ici en 1972). Il reconstruisit la ville après la guerre, modernisa considérablement son entreprise et fut aussi l’un des fondateurs de L’Express. Inhumé avec son épouse, la comédienne Lilian Constantini (1902-1982), petite-fille de l’homme politique socialiste Jules Guesde (dont les cendres sont déposées au columbarium du Père-Lachaise). Leur fille Dominique est devenue écrivain (sous le nom de Dominique Schneidre) ; leur autre fille, Catherine, fut la troisième épouse de Roger Vadim (inhumé au cimetière marin de Saint-Tropez).

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Pierre Schwed (1923-2006), résistant qui fut un des fondateurs, et un des chefs, de l’Armée secrète. Il devint ensuite un expert des problèmes de défense et de géostratégie.
Avec lui repose l’ingénieur Jacky Weill (1924-2013), spécialiste de l’industrie nucléaire et auteur du Livret du nucléaire.

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Silvère Seurat (1918-2011), ingénieur et entrepreneur.

Marcelle Tassencourt (voir Thierry Maulnier).

André Watteau (1889-1978), général, membre de la Cour suprême du procès de Riom en 1942.

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Jacky Weill (voir Pierre Schwed).

Albert Willemetz (1887-1964), librettiste, revuiste, scénariste et auteur de chansons, roi de Paris durant l’entre-deux-guerres (impossible d’étudier la culture populaire de cette époque sans croiser son nom en permanence). Outre ses opérettes (parfois oubliées désormais), il écrivit (souvent en collaboration) parmi les plus grand succès de l’histoire de la chanson française. La liste, même succincte (il en écrivit 3000 !), donne le vertige : Dans la vie, faut pas s’en faire, Mon homme, Ah, si vous connaissiez ma poule, Valentine, Ramona, Amusez-vous (foutez-vous d’tout), Félicie aussi... On notera l’importance qu’il eut dans la carrière de son voisin de cimetière, Maurice Chevalier (voir plus haut). Il fut également le directeur du théâtre des Bouffes-Parisiens et le président de la SACEM.
Au plan privé, il était très lié à Sacha Guitry (inhumé au cimetière Montmartre) et son épouse, Jeanne (qui repose, bien sûr, avec lui) était la meilleure amie de la deuxième épouse de Guitry, la terrible Yvonne Printemps (enterrée au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine, au côté de Pierre Fresnay). Dans cette même tombe reposent les trois fils Willemetz dont Serge (1922-1994), filleul de Sacha Guitry, et Claude (1924-1983) qui fut administrateur des Bouffes-Parisiens puis du théâtre de la Michodière.

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La stèle est ornée d’un médaillon dû à Aldo Bartelletti.

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Pas d’épitaphes marquantes et un seul prénom peu fréquent : Cassian.

N’oublions pas, au centre, le monument aux morts qui célèbre le sacrifice des enfants de la commune.

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Enfin, signalons l’aménagement d’un petit Jardin du souvenir.

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