20 juin 2012 : Les monologues du 20 juin

Monologues, soliloques et maximes de sagesse sur un thème éternel.

Emil Cioran (1911-1995), enterré à Paris, au cimetière Montparnasse :
Si la mort n’avait que des côtés négatifs, mourir serait un acte impraticable.

Jules Renard (1864-1910), enterré à Chitry-les-Mines (Nièvre) :
La mort, ce serait le rêve si, de temps en temps, on pouvait ouvrir un oeil.

Maurice Rollinat (1846-1903), enterré au cimetière Saint-Denis de Châteauroux (Indre) :
Le soliloque ne ment pas
quand il nous dénonce à nous-mêmes
Le néant de nos stratagèmes
Et notre frayeur du trépas.

Charles Dantzig (né en 1961) dont nous préférerions qu’il ne fût pas enterré tout de suite :
J’ai toujours éprouvé de la tendresse pour les derniers régnants des longues dynasties, les jeunes héritiers malheureux, les ultimes d’une famille. J’en serai un.
Un jour auront disparu tous ceux qui auront connu les membres de ma famille et avec qui je peux en parler familièrement. Je serai seul avec mes morts.

Paul Éluard (1895-1952), enterré à Paris, au cimetière du Père-Lachaise :
Les traces d’une proie atroce
Hardi au loup et c’est toujours
Le plus beau loup et c’est toujours
Le dernier vivant que menace
La masse absolue de la mort.

Jean Tardieu (1903-1995), enterré à Villiers-sous-Grez (Seine-et-Marne)  :
Le mort qui est en moi
s’impatiente

Il tape dans sa caisse à bras raccourcis
Il voudrait qu’on le montre
une dernière fois

Quant au vivant
ça va pas mal merci

pour le moment.

Sacha Guitry (1885-1957), enterré à Paris, au cimetière Montmartre :
J’ai vu la mort - et de bien près.
Je m’en suis rendu compte après.
J’ai vu la mort - et sans apprêts.
Elle est loin d’être ce qu’on croit.
Car je l’ai vue - et de bien près !
Ca ne m’a fait ni chaud ni froid.

Paul Claudel (1868-1955), eterré dans sa propriété de Brangues (Isère) :
Je suis en pourparlers avec la mort, je pèse ses propositions.

Paul-Jean Toulet (1867-1920), enterré à Guéthary (Pyrénées-Atlantiques) :
Ô vie, tu n’es que signes, masques et symboles. Mais peut-être qu’un jour nous saurons de quoi.

Tristan Bernard (1866-1947), enterré à Paris, au cimetière de Passy :
La mort, c’est la fin d’un monologue.