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9 décembre 2016 : La renaissance d’Élisa Mercoeur.

Mes cheveux ont blanchi à mesure que son tombeau se dégradait. En 1981, on y pouvait encore lire La Gloire et l’Indigence, ode composée à dix-neuf ans. In situ, je déclamais pour les élèves de ma classe :
L’oubli, c’est le néant, la gloire est l’autre vie ;
L’éternité sans borne appartient au génie.

devant un professeur de français circonspect...
Le déchiffrement était encore aisé en 1984, seules y manquaient deux ou trois lettres ici ou là. Dix ans plus tard, un reportage télévisé m’y montrait soulignant déjà de l’index les passages devenus illisibles. Les poèmes choisis par la mère de la défunte pour honorer la mémoire de sa fille étaient guettés par l’oubli. En franchissant le nouveau siècle, le monument, déjà amputé de sa croix et ses chaînes, tanguait comme un navire en péril.

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On ne peut donc que se réjouir de ce millésime 2016 qui aura vu, en quelques mois, la totale réfection du sépulcre d’Élisa Mercoeur, la "Muse armoricaine" morte à vingt-cinq ans en 1835 et que pleurèrent Musset, Auguste Comte et même le vieux Chateaubriand. Plus d’excuse à l’ignorance : les vers romantiques composés du temps de Charles X sont à nouveau offerts à la contemplation et à la réflexion.


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Allez au Père-Lachaise, de préférence un matin de brume, 17è division, et vous constaterez qu’ils ne dépareraient pas auprès de la Pensée des morts de Lamartine.

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Puissent quelques touristes davantage attirés par les mânes de Jim Morrison prendre quelques instants pour méditer ce paradoxe : il est des morts qui ne le sont pas tout à fait grâce à leur tombe.

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