Scy-Chazelles, église Saint-Quentin.

Aux abords de Metz, un étonnant édifice fortifié, classé monument historique, construit entre le XIIè et le XVè siècle mais fortement remanié à la fin du XIXè lors de l’annexion de la Moselle par l’Empire allemand.

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Devant l’église ont subsisté quelques tombeaux du XIXè siècle...

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mais c’est bien l’intérieur du monument qui nous intéresse : c’est ici que, par dérogation, a été transférée en 1966 la dépouille de Robert Schuman (1886-1963), auparavant inhumée au cimetière de la commune, salué comme un des pères de la construction européenne.

D’origine luxembourgeoise par sa mère, né allemand (son père, français, étant devenu allemand en 1871), avocat de formation, il obtient la nationalité française en 1919 grâce au traité de Versailles et entre la même année à la Chambre des députés comme représentant de la Moselle.

Sous-secrétaire d’État pour les Réfugiés en mars 1940, il est confirmé à son poste par le régime de Vichy ce qui lui vaut en 1944 d’être frappé d’"indignité nationale", accusation dont le relève le général de Gaulle en 1945 sur la foi de plusieurs témoignages.
Robert Schuman devient ensuite un personnage incontournable de la IVè République, successivement ministre des Finances, président du Conseil et ministre des Affaires étrangères. Sa proposition de création, le 9 mai 1950 (c’est pour honorer cet événement que le 9 mai est devenu la journée de l’Europe) de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier), unissant la France, l’Allemagne de l’Ouest, l’Italie et les trois pays du Bénélux sur le principe d’une action supranationale, concrétisée par le traité de Paris (1951) et entrée en vigueur en 1952, est à l’origine de l’Union européenne.

Président entre 1958 et 1960 de l’Assemblée parlementaire européenne, rebaptisée Parlement européen en 1962, Robert Schuman reçoit, au terme son mandat, le titre de "Père de l’Europe". Il se retire ensuite de la vie politique et meurt, célibataire et sans postérité, le 4 septembre 1963, dans sa maison de Scy-Chazelles, désormais propriété du conseil départemental de la Moselle et transformée en musée. Elle se trouve en face de l’église Saint-Quentin.
L’Église catholique a ouvert en 1990 son procès en béatification.


En reprenant mes agendas, j’ai constaté que je me rendais à Scy-Chazelles avec la régularité d’un métronome, tous les quinze ans. Si une nouvelle occasion m’est donnée d’y passer, j’aimerais que l’église fût ouverte...
Il faut se baisser et regarder par le trou de la serrure (!) pour apercevoir la dalle funéraire de Robert Schuman, ornée d’un médaillon.
Voici la photo que j’ai rapportée dans ces conditions...

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et celles que propose le site tourisme-lorraine.fr :



Innovation constatée lors de ma dernière visite : l’érection, en 2012, d’un imposant mémorial, "Hommage aux Pères de l’Europe", dû au sculpteur géorgien et de citoyenneté russe Zurab Tsereteli, représentant de gauche à droite le président du Conseil italien Alcide de Gasperi (1881-1954), Robert Schuman, le premier président de la Haute Autorité de la CECA, Jean Monnet (1888-1979), enfin le premier chancelier d’Allemagne de l’Ouest, Konrad Adenauer (1876-1967).

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Ce pèlerinage européen se clôt par le muret situé derrière le chevet de l’église et qui offre l’occasion de réviser sa bonne connaissance des drapeaux des (actuels...) vingt-huit pays membres de l’Union européenne.

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Avant de repartir, prendre le temps de grimper (quelques minutes de marche) jusqu’à l’église Saint-Remi derrière et autour de laquelle le cimetière mérite d’être vu (beau panorama sur la campagne).