Dans la même rubrique...

2 juillet 2018 : Jacques Chancel, l’appel des gaves et des cimes.

90è anniversaire de la naissance (officielle) du journaliste Jacques Chancel.


Il aurait eu (si sa date de naissance "officielle" est exacte) 90 ans en ce 2 juillet mais les médias, privilégiant les vivants aux morts, ne nous auront parlé ce jour que de sa "jumelle", Line Renaud (qui, le plus tard possible, rejoindra Loulou Gasté au cimetière de Passy).

Jacques Chancel, né Joseph Crampes en 1928 ou (selon ses dires) en 1931 et décédé en 2014, avait connu une première grâce en voyant le jour en Bigorre. La chance, en avait-il choisi les six lettres pour composer son pseudonyme ?, ne le quitta pas. Quelle vie que la sienne marquée par les rencontres, la réussite et un constant émerveillement !
Lui qui voyagea tant, en débutant par l’Indochine en guerre dont le souvenir imprégna toute son existence, qui rencontra tous les hommes et femmes de talent invités dans ses émissions comme Radioscopie ou Le Grand Échiquier, qui fut d’une curiosité jamais rassasiée et d’un enthousiasme que ses problèmes de santé n’altérèrent pas dans ses derniers mois, ne cessa de dire l’amour de sa terre natale et la fascination qu’exerçaient sur lui les paysages pyrénéens. Le dernier volume de son Journal, Pourquoi partir ? (Flammarion, 2014), ponctué du décès de si nombreux amis, est à ce sujet exemplaire :

Je reviens à la source, je retrouve tous me sentiers d’évasion, les Pyrénées me reprennent tout entier, collines, montagnes, amitiés confondues.

Balade au cirque de Troumouse que je cois plus mystérieux et beau que celui de Gavarnie (...) Les années passent et je suis de plus en plus amoureux de ma Bigorre.

Si j’aime tant mon pays c’est parce que dans mon adolescence huit années durant je l’ai observé du dehors et qu’il m’a manqué. De près on voit moins bien, on s’habitue c’est tout. La recherche d’un ailleurs m’a fait découvrir et la France et ma Bigorre, ce que Claude Lévi-Strauss traduit par une simple constatation : "La vertu du regard éloigné."


Dans les années 60, il avait acheté le château (on pourrait dire le manoir) de Miramont, en surplomb du village d’Adast, qui avait déjà eu pour résidents Cyprien Despourrins (le poète local) mais aussi François-Adrien Boïeldieu et George Sand et émis le désir d’y reposer, dans la crypte de sa chapelle (ses parents sont enterrés au cimetière d’Argiles-Gazost) :

Si je mérite quelque peu de mon pays que j’ai tenté de faire aimer, que l’on me permette de choisir mon dernier refuge : notre chapelle de Miramont.

Ce voeu ultime fut exaucé.

La propriété étant privée, aucune visite n’est évidemment possible. Voici ce qu’on en aperçoit (cliquer sur la photo) depuis Adast :

JPEG - 478.6 ko


Autres articles sur le département des Hautes-Pyrénées :
Qui repose à Barèges ?
Campan, cimetière de Sainte-Marie-de-Campan.
Qui repose à Cauterets ?
Luz-Saint-Sauveur, cimetière dit des Templiers.
Saint-Savin, cimetière communal.
Qui repose à Sers ?