En ai-je vu de ces villages au cadre extraordinaire, cités dans tous les guides touristiques, aux rues pittoresques parcourues de visiteurs sous le charme, aux églises et aux chapelles vénérables offrant un décor idéal aux photographes comme aux peintres… et aux cimetières inexplicablement délaissés ! Castillon-du-Gard, à la séduction si puissante et où l’Histoire est tapie sous chaque pierre, s’ajoute à la liste.

Le champ de repos, situé en contrebas de la commune, vaut pourtant qu’on s’y arrête. D’abord parce qu’il offre la quintessence des beaux cimetières méridionaux mêlant arbres, vieux murets, prénoms surannés, côtoiement des cigales et des lézards, tout ce qu’une simple photographie ne peut traduire.

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Certains de ses tombeaux s’inscrivent dans le paysage avec une harmonie rare.

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Ensuite, pour un privilège unique : on y aperçoit le Pont du Gard (qui connaît le viaduc romain et ses abords sait qu’il est quasiment impossible de s’en approcher sans passer par les infrastructures officielles et leur péage afférent) ! Bien regarder ci-dessous entre les deux stèles. Le village de Castillon vante le point de vue sur le monument antique depuis son château d’eau mais cette vision-là n’est pas moins belle ni émouvante.

 

 

Surtout car le plus célèbre occupant des lieux, loin d’être un enfant du pays, a connu la plus haute consécration dans son domaine d’activité. Il s’agit de l’immunologiste danois Niels Kaj Jerne (1911-1994) qui reçut le prix Nobel de médecine 1984 pour ses travaux sur les hybridomes (en partage avec l’Allemand Köhler et l’Argentin Milstein). Il s’était discrètement retiré ici (son monument funéraire ne comporte ni dates ni titres et Kaj y est devenu Kay). La localisation de sa sépulture est une de mes récentes découvertes.

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Enfin, ce n’est pas tous les jours qu’on débusque une épitaphe signée… Coluche. Savourons-la donc en esthètes :

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