Après celles de Léo Chauliac, Roger Moore, Alfred Savoir, Rémy Kolpa-Kopoul, Claude Moliterni, Arnaud Hamelin, Paul Tourenne, Emmanuel Maubert, Bernard Spindler, Michel de Boüard, Gepetto Ben Glabros, Jacques Morali, Ida Rubinstein, Rodolphe de Battine, Jeanne Bloch, Pierrette Fleutiaux, Bruno Bayen, Jean-Pierre Joulin, Henri Negresco, Peter Dean et Roger Marino, une nouvelle sépulture inédite de célébrité…

Il fut un artiste discret dissimulé derrière son oeuvre.

Le photographe noir américain Emil CADOO (1926-2002) avait choisi de fuir les États-Unis au début des années 60 en raison du contexte racial pour s’établir à Paris où son travail n’était pas jugé selon la couleur de sa peau.

S’il pratiqua le photo-journalisme, c’est son travail érotique qui demeure aujourd’hui le plus connu. Mêlant figures et corps à des éléments végétaux ainsi qu’à des statues, il collabora, entre autres, à la célèbre revue littéraire américaine Evergreen Review.

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Homosexuel, il illustra dans l’ouvrage, Hommes, un poème de Verlaine qu’on n’apprend pas à l’école et qui commence ainsi (je n’ose écrire la suite et vous la laisse chercher) :

Mes amants n’appartiennent pas aux classes riches :
Ce sont des ouvriers faubouriens ou ruraux.
Leurs quinze et leurs vingt ans sans apprêts sont mal chiches
De force assez brutale et de procédés gros.

Je les goûte en habits de travail, cotte et veste ;
Ils ne sentent pas l’ambre et fleurent de santé
Pure et simple ; leur marche un peu lourde, va preste
Pourtant, car jeune, et grave en l’élasticité ;

Leurs yeux francs et matois crépitent de malice
Cordiale et des mots naïvement rusés
Partent non sans un gai juron qui les épice
De leur bouche bien fraîche aux solides baisers ;

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Une de ses plus célèbres photographies orna la couverture d’une édition de Notre-dame-des-Fleurs de Jean Genet :

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Quant à ses clichés pour le Sexus de Henry Miller, ils font du livre une rareté recherchée par bien des bibliophiles.

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Il n’est que peu d’images filmées de lui mais le voici, apparaissant furtivement (à partir de 01’50 ») dans un reportage des Actualités françaises de 1964 consacré à la communauté noire américaine de Paris.

Décédé en 2002, Emil Cadoo est demeuré un exilé jusque dans la mort. Sa pierre tombale se trouve au cimetière parisien de Pantin (Seine-Saint-Denis), si vaste (107 hectares) et si peu visité.
À l’avant y sont gravés ces mots : Poète de l’image.

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