C’est au cimetière de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) que fut inhumée Louise Michel, décédée le 9 janvier 1905 à l’âge de soixante-quatorze ans. Ils étaient des milliers à accompagner vers sa dernière demeure la « Vierge rouge » de la Commune.

Native du village de Vroncourt-la-Côte, en Haute-Marne, fille naturelle d’une femme de chambre travaillant au château (on dit que son père était le fils du châtelain, qu’elle ne connut pas), élevée par les propriétaires du domaine (ses probables grands-parents) dont elle portait le nom (Demahis), elle reçut une instruction solide. En 1850, elle prit le nom de sa mère et vint à Chaumont après le décès de son grand-père et la vente de la propriété.

Elle devint institutrice, d’abord à Chaumont puis à Paris (créant des écoles libres plutôt que de devoir prêter serment à Napoléon III), et commença d’écrire des poèmes sous un pseudonyme inspiré par un personnage des Misérables, Enjolras.

Opposante à l’Empire puis à Thiers (« Je poignarderai cet affreux gnome. »), elle rallia la Commune. Condamnée après la Semaine sanglante par le Conseil de guerre, elle fut déportée en Nouvelle-Calédonie d’où elle revint en 1880 grâce à la loi d’amnistie.

Elle reprit avec une inlassable énergie ses activités de militante, fut de nouveau emprisonnée pour opinions révolutionnaires, publia ses Mémoires et mourut à Marseille lors d’une tournée de conférences.

Sur sa tombe (très facile à localiser, au rond-point d’honneur), ces mots :
L’héroïque combattante de la Commune de Paris.

Et cette citation :

Salut au réveil du peuple
Et à ceux qui en tombant
Ont ouvert si grandes
Les portes de l’avenir.

On observera que son buste est posé légèrement de biais comme s’il refusait de voir le tombeau qui lui fait face, celui de la famille Balkany.