On ne célèbre pas tous les jours le bicentenaire de la mort d’un maréchal napoléonien mais c’est le cas en ce 3 janvier 2026 qui marque les deux cents ans du décès de Louis-Gabriel Suchet.

Né en 1770, ce fils de riches soyeux lyonnais avait croisé Bonaparte, son aîné de quelques mois, dès le siège de Toulon avant de le suivre en Italie et de devenir chef d’état-major puis général de division après la mort de Joubert à la bataille de Novi.
Présent à Austerlitz, à Iéna, il conquit son bâton de maréchal durant la campagne d’Espagne, à la tête de la campagne d’Aragon, où son administration sage et mesurée (interdiction des pillages, respect des autochtones, approvisionnement des civils) lui valut le respect des populations.

Rallié à Louis XVIII, il rejoignit l’Empereur durant les Cent-Jours avant de siéger à la Chambre des pairs sous la Restauration. Il succomba à un cancer généralisé en son château, à proximité de Marseille.

Au Père-Lachaise (39è division), le mausolée que lui érigea David d’Angers impose sa grandeur marmoréenne. On y lit, pour la seule face avant , tracés sur un fût de canon de la main d’une Victoire saisie de profil, les rappels de ses campagnes ainsi, en lettres majuscules, que son titre de duc d’Albufera.
Il n’est pas inutile de redire, ou d’apprendre, qu’une délégation espagnole assista à ses obsèques.

Selon Madame Campan, Napoléon disait que s’il avait eu deux maréchaux comme Suchet en Espagne, non seulement il aurait conquis la péninsule, mais il l’aurait conservée. Son esprit juste, conciliant, administratif, son tact militaire et sa bravoure lui avaient fait obtenir des succès inouïs. Il est fâcheux, disait-il, que des souverains ne puissent pas improviser des hommes comme celui-là.

Je clos cette page en me référant au Dictionnaire amoureux de Napoléon (Plon, 2012) où Jean Tulard rapporte (p. 525) :
Au docteur O’Meara qui demandait à Napoléon, un jour, à Sainte-Hélène : « Quel fut le plus habile général français ? » Napoléon répondit : « Cela est difficile à dire, mais il me semble que c’est Suchet. »