Je me rends compte ce soir, jour du centenaire de sa naissance, que j’ignore où repose le cinéaste américain Samuel Fuller (mort en 1997), le réalisateur d’Au-delà de la gloire, celui-là même qui comparait un film à un champ de bataille et que j’avais croisé lors d’une commémoration du Débarquement de Normandie (1987 ?) dont il avait été un des protagonistes. Ainsi m’échappera-t-il toujours quelque chose dans cette fréquentation des cimetières qui m’enseigne au moins autant à goûter le prix d’une trouvaille qu’à m’accommoder d’un renoncement, même provisoire.
Etonnant Samuel Fuller qui était passé devant la caméra de Gérard Courant pour un Cinématon, un de ces portraits-vérité dont j’ai déjà ici fait l’éloge où la personne filmée en gros plan pendant trois minutes et vingt secondes jouit d’une liberté absolue qu’il lui appartient d’apprivoiser.

http://www.youtube.com/watch?v=NKO9UXFXR4k

Hormis cet anniversaire, et parce qu' »au-delà de la gloire » est une expression qui sied à sa figure, un salut au baron Pierre de Coubertin, au moment même où s’éteint le feu de la vasque olympique. Le rénovateur des Jeux (Yves-Pierre Boulongne lui a consacré un livre aussi intéressant qu’introuvable : La Vie et l’oeuvre pédagogique de Pierre de Coubertin 1863-1937, éditions Leméac, 1975) dort à Lausanne, dans la plus belle enclave du cimetière du Bois-de-Vaux, avec Coco Chanel et une petite fontaine pour proches voisines, sous une stèle ornée des cinq anneaux. Juste au-dessus de la place centrale sur laquelle débouche l’avenue de l’entrée (ceci pour ceux qui aimeraient s’y rendre et qui considèrent que l’important, c’est de partir situé.)