Il aurait eu 80 ans aujourd’hui…

Bernard Haller, outre le grand comédien que chacun connaît, fut, j’en témoigne, le plus délicieux et le plus attentif des amis. Combien de fois ses histoires (impossible de dénicher meilleur conteur) ont-elles enchanté nos déjeuners des Grands prix de l’humour noir ?
Quant à ses spectacles en solo, ils nous élèvent (le présent ici s’impose car un DVD, dont la mise au point occupa ses dernières années, existe à défaut d’être facile à dénicher) vers des sommets de subtilité dont bien des humoristes de notre temps ne conçoivent même pas l’existence.

Un jour que je lui parlais de Gaston Habrekorn, le maître des « Chansons sensuelles » de la Belle Epoque, enterré au Père-Lachaise, il me confia avec gourmandise : Mais j’ai chanté du Habrekorn ! En 1965, en Afrique du Sud, lorsque je faisais la première partie de Marlene Dietrich ! Prodigieuse carrière que la sienne, indignement résumée le soir de sa mort, à la télévision, par un laconique Nous avons appris la mort du comédien suisse Bernard Haller, il avait été la voix de Pollux… (sic).

Si cher Bernard qui avait toujours l’élégance d’un sourire pour son interlocuteur, inhumé depuis déjà bientôt cinq ans, au cimetière de Chêne-Bougeries, dans la banlieue de Genève, dont la terre argileuse présente la particularité de conserver les corps bien au delà de la norme (des exhumations pratiquées in situ ont stupéfié les témoins). Comme dans la chanson de Brassens, le trou dans l’eau que sa mort provoqua, jamais ne s’est refermé et ceux qui l’aiment continuent de répéter en pensant à lui le mot qu’il leur avait enseigné : N’oubliez pas de dire à la mort d’Haller : merde alors !.

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